HuniePop, ou pourquoi il ne suffit pas d'être bien gaulé pour séduire

edited February 2015 in Jeux vidéo

Aujourd'hui, en ces temps de diffusion planétaire du cinéma hollywoodien, ou des gros baraqués photshoppés (enfin, after-effectsés pour être précis) qui ne savent aligner trois phrases à peu près sensées que parce qu'une centaine de scénaristes boutonneux les leur ont écrites, ont l'occasion de se reproduire avec tout ce qui se fait de mieux en terme de plastique et de silicone ; en ces temps d'explosion de l'industrie du porn, où des décérebrés sont choisis pour être les idoles féminines et masculines des plus solitaires d'entre nous uniquement sur le temps qu'ils peuvent garder certains de leurs muscles contractés* ; bref, en ces temps sombres de d'abrutissement et de bestialisation du sexe, certains se battent pour une reproduction intellectuelle, une reproduction cérébrale, peut-être même élitiste ; mais n'est-ce pas là ce qu'il faut pour éviter de tomber en Idiocracie ? C'est ce que les activistes du studio indé HuniePot tenter de défendre dans leur toute premier brûlot, HuniePop.

*(if you know what I mean)

 

Bon, d'accord, c'était pas très crédible. Mais faut me comprendre. C'était samedi dernier, j'avais 2 CE à réviser et une présentation de com' à faire, je venais de finir FFXIII et je me rendais compte que j'avais par mégarde supprimé la version crackée de Valyria Chronicles téléchargée à la sueur de mes 2 pauvres Mbps. Et puis là, en me promenant parmi les derniers jeux populaires sur Steam (probablement la pire chose que je puisse faire de mes journées), je retombe sur un puzzle-RPG dating sim américain, dont j'avais vu passer la campagne Kickstarter il y a quelques années : HuniePop. Côté avis de la communauté, c'était la panacée : Overwhelmingly positive, avec 1500 reviews + contre 50 pauvres grincheux.

La curiosité purement intellectuelle de ce que donnerait une dating sim à l'américaine l'emportait sur ma dignité et mon amour-propre, et, ni une ni deux, je lançais un petit torrent qui, en quelques minutes, me laissa l'exe.

Et puis, c'était sur Steam, et tout le monde sait que Steam censure tout. Je n'avais donc aucune crainte à avoir. Enfin, c'est ce que je croyais.

 

Le principe d'HuniePop est simple. Un soir où vous êtes seul, assis au bar, à remuer des pensées noires sur votre célibat et votre virginité prolongés, une étrange petite fée de la drague vient commencer à vous chauffer. Après une conversation à choix multiples totalement écrite à l'avance, vous rentrez chez vous bredouille. Mais, en pleine nuit, quelque chose vous réveille ... Et c'est elle, qui vient vous expliquer comment pécho facilement des filles de VOTRE région.

Pour ça, rien de plus simple. Chaque fille que vous croisez en ville s'ajoute à un sorte de Pokédex qui vous permet de les géolocaliser et de les retrouver n'importe où, n'importe quand. On commence par une petite phase de dating sim tout ce qu'il y a de plus classique, où l'on peut discuter avec elle, soit en leur répondant tout ce qu'elles veulent entendre selon les énoooormes clichés que chacune représente, soit en essayant d'apprendre par coeur leur taille, leur couleur préférée et leur tour de boobs pour leur répéter quand elles veulent vérifier qu'elles ont bien affaire à une allégorie de Wikipedia.

Meilleure vous êtes, plus vous gagnez de l'XP. Puis viennent les choses sérieuses : lui proposer un rendez-vous. Elle aura beau vous détester, une seule condition pour qu'elle accepte : qu'elle n'aie pas faim. Sinon, il va falloir la nourrir, ce qui la fera systématiquement tomber dans vos bras. Enfin un peu de réalisme.

Et là, on passe soudainement à ... Candy Crush. Avec un nombre limité de mouvement, il va falloir aligner du talent, du romantisme, de la séduction et de la sexualité, le tout en y ajoutant des jokers, un multiplicateur et autres bonus / malus, pour faire tomber la pépette dans vos bras. Meilleur vous êtes, plus vous gagner d'argent.

Euh, wait. Ca s'appelle pas de la prostitution ? @_@

 

Le fait que, pour une fois, la dating sim vienne d'Amérique permet de varier légèrement les clichés, même le tout n'est pas folichon. Comme changement majeur, on peut notamment jouer en tant que femme, ce qui change seulement quelques détails dans les dialogues. Au niveau des filles, ça oscille entre les tradition de la dating sim' (une élève, une prof, une idol, une hôtesse de l'air, etc.) avec un petit saupoudrement de culture porn américaine (la prof' est asiat, l'idol est une droguée ratée qui passe sa vie à trashtalk, on a même le droit à une cougar actrice de films X !). En gros, la principale différence, c'est que certaines jurent comme des chartiers, et à parler de façon moins ... détournée. En s'éloignant parfois beaucoup du comble de l'élégance.

Haters gonna hate, l'écriture n'est pas si mauvaise, et on finit par s'attacher un peu à ces filles, qui ne savent pas résister à mon quintuple combo de Talent, qui enchaîne sur un double romantisme. Mais surtout, aussi étonnant que cela puisse paraître, HuniePop est un bon jeu. Au fur et à mesure, la variété des jokers dévoile la complexité du système de jeu, et il faudra développer des stratégies dans les enchaînements de jokers, où l'on ira jusqu'à décider de faire pleuvoir les boules malus pour les transformer au dernier moment en tours supplémentaires et en multiplicateur qui feront fondre d'amour la waifu de vos rêves les plus fous.

 

 

Bon, je sais que si vous avez lu ce post jusque là, c'est ni pour mes beaux yeux, ni pour en savoir plus sur la profondeur du gameplay de HuniePop. Alors passons aux choses sérieuses.

EsT-ce KeLLes béZEnt ?!?

Oui. T'as qu'à chercher sur Google plutôt que de flooder batard.

Ou, plutôt, non. Vu qu'il y a au max 4-5 images plus ou moins explicites de chaque demoiselle, vous vous spoilerez les trois quarts du jeu. Enfin, si un truc comme ça vous intéresse vraiment.

Bref. Moi qui croyais être à l'abri sur les vertes prairies de Steam, j'ai fini, au bout de quelques heures (oui, Valkyria Chronicles fait 20 Go, j'ai eu le temps de m'ennuyer) avec une de ces demoiselles dans mon lit. Et, franchement, autant la façon dont la sexualité est représentée dans les dating sim et autres VNs m'a toujours rebuté, autant la ... C'est juste ridicule. x'D

Je vous laisserai le plaisir de découvrir comment ont été représentées le duel amoureux et la jouissance dans HuniePop, mais sachez juste que pour "profiter" de ces scènes, il faut non seulement être plutôt tordu, mais surtout bigrement habile.

 

En bref, côté jeu, HuniePop est étonnament bien foutu, surtout pour un jeu qui semblait compter plus sur le plot de ses héroïnes qu'autre chose. C'est aussi plutôt marrant de voir comment des fans d'anime U.S. ont adapté ce grand pan de la culture japonaise. Après, euh, ça reste un dating sim, et il n'a pas non plus grand-chose d'exceptionnel.

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